Je poursuis ma remontée du fleuve Cañellas, en cherchant à identifier les points de halte du photographe. J’avais déjà commencé à le faire de manière un peu brouillonne dans mes deux billets précédents (ici et ici). Je poursuis donc ci-après cette revue des clichés pris à Paris par Josep Maria Cañellas.

La plupart sont recensés dans le catalogue du musée de l’Empordà ou la brochure de Fourquier[1]. Entre ces deux sources et quelques autres clichés reproduits sur des sites de ventes aux enchères, j’ai décompté une cinquantaine d’« instantanés » de Cañellas, pour l’essentiel pris à Paris intra muros. Ils sont le plus souvent signés et numérotés. C’est cette numérotation que je reprends ci-dessous.

Certaines vues sont très facilement reconnaissables et je n’en ferai pas état ici ; d’autres le sont moins ou beaucoup moins et c’est ce qui va m’occuper dans ce qui suit. Je me suis aperçu que les descriptions qui les accompagnent — lorsqu’elles existent — ne sont pas toujours très précises ni forcément toujours fiables. Je précise d’emblée que je n’ai pas réussi à identifier tous les lieux photographiés, ce qui n’empêche pas ce billet d’être un peu long…

Les reproductions numériques ci-dessous proviennent de mes recherches sur Internet. Je me suis efforcé d’en fournir les références partout où je le pouvais. Elles ne sont pas toutes de bonne qualité ni toujours certaines (photos recadrées, notices d’accompagnement approximatives), mais ainsi en est-il.

Je ne dispose pas de reproduction numérique pour chacun des instantanés connus de Cañellas ; à défaut, je renvoie donc le lecteur aux deux références citées en note ci-dessus. Les abréviations « CmE » et « F » désignent, respectivement, le catalogue du musée de l’Empordà et la brochure de Fourquier ; elles sont suivies du numéro de page.

(Photo d’en-tête : J. M. Cañellas – Cliché № 604 [détail].)

Résumé (TL; DR)

№ JMCRéférenceLocalisation
202F 21rue Tardieu
203F 22rue Ronsard
206CmE 68 ; F 23carrefour boulevard de Rochechouart (№ 38) / rue de Clignancourt
211CmE 69 ; F 24jardin des Tuileries, côté place de la Concorde
215CmE 70 ; F 25boulevard Barbès
216F 26boulevard de Rochechouart, place du Delta
225CmE 71 ; F 27place Sainte-Euphrasie [place Jules-Joffrin]
231F 30rue de Clichy
250CmE 73 ; F 32place de Clichy
268CmE 74 ; F 33carrefour rue de Maubeuge / rue de Rochechouart
269F 34rue Beaurepaire
270F 35carrefour boulevard Magenta / rue Albouy [Lucien-Sampaix]
274CmE 75 ; F 36église Saint-Vincent-de-Paul, place Franz Liszt
276CmE 76 ; F 37église Saint-Vincent-de-Paul, rue Bossuet
281CmE 77 ; F 39place de la République
290CmE 78 ; F 40église Notre-Dame de Lorette (?)
293CmE 79 ; F 41jardins des Champs-Élysées, côté avenue Gabriel
302F 43place de l’Étoile
335CmE 80 ; F 44(lieu non identifié)
340CmE 81 ; F 45(lieu non identifié)
563F 49(lieu non identifié)
589CmE 83 ; F 50place de l’Opéra
590CmE 27 ; F 51place de l’Opéra
595F 52(lieu non identifié)
596CmE 84 ; F 53(lieu non identifié)
602CmE 85 ; F 54carrefour rue de Maubeuge / rue Lamartine
604rue Ronsard
644F 56place de l’Opéra
650place de l’Opéra
663F 57Palais de l’Industrie, avenue des Champs-Élysées
664(lieu non identifié, Longchamp ?)
669CmE 86 ; F 58Palais de Justice
820CmE 87 ; F 59place de la Madeleine
F 38place de la Madeleine
875F 60place de la République
876F 61Palais de l’Industrie
885F 62boulevard de Clichy

Cliché JMC 203

F 22

J. M. Cañellas – Cliché № 203
J. M. Cañellas – Cliché № 203.
Source : Ader.

Si le cliché № 202 (F 21) montre bien la rue Tardieu, je crois que celui-ci, pris dans la foulée, montre plutôt la rue Ronsard, vue depuis la rue Tardieu, à l’angle avec le marché Saint-Pierre. On aperçoit en effet un marchand à la sauvette sur la droite de la photo, qui doit être placé sur le trottoir devant la halle.

Note – Il existe une autre vue de la rue Ronsard par Cañellas (cliché № 604, voir ci-dessous et la photo d’en-tête de ce billet). Pour la rue Ronsard, je renvoie également à l’analyse de deux autres photographies datant de la même époque prises par deux autres photographes.

Cliché JMC 206

CmE 68 ; F 23

(Sans reproduction numérique.)

Il s’agit bien de la brasserie Aux 2 Marronniers, située à l’angle du boulevard de Rochechouart (№ 38) et de la rue de Clignancourt. Cette brasserie a subsisté jusque dans les années 1980, me semble-t-il, avant d’être reprise par un marchand de tissus bon marché qui en avait conservé l’enseigne. De nombreuses cartes postales (toutes postérieures à 1900) illustrent ce carrefour où l’on reconnaît la devanture de la brasserie. En voici deux.

J. M. Cañellas – Cliché № 203
France panoramique. Paris : 90. boulevard Rochechouart et rue Clignancourt (détail).
On reconnaît la marquise caractéristique de la brasserie (tenue à l’époque [1904] par Fernand Langrand).
Source : Ville de Paris / BHdV.
Paris - Place du Delta
Paris – Place du Delta.
On reconnaît les quatre fenêtres du premier étage de la brasserie (sous le panneau Dufayel) visibles sur la photographie de Cañellas.
Carte postale ancienne, dont je n’arrive pas à retrouver la source (CPArama ?).

Cliché JMC 211

CmE 69 ; F 24

J. M. Cañellas – Cliché № 211
J. M. Cañellas – Cliché № 211.
Source : blog Marcelo Caballero.

Ce plan rapproché de l’entrée du jardin des Tuileries côté place de la Concorde n’appelle pas de commentaire particulier.

Voici la même entrée, dix ou douze ans plus tard, prise avec un peu plus de recul, mais sans les vendeurs de fruits et de limonades ni les deux garçons qui font le charme de la photo de Cañellas.

CPA Entrée du jardin des Tuileries
CPA Entrée du jardin des Tuileries.
Source : CPArama.com

Cliché JMC 215

CmE 70 ; F 25

(Sans reproduction numérique.)

La photographie est prise depuis le carrefour Barbès-Rochechouart et montre le boulevard Barbès. On reconnaît la gloriette sur le toit des magasins Dufayel (c’était avant la refonte des façades et l’apparition des dômes aux coins du pâté d’immeubles). Le départ de la première rue sur la gauche est celui de la rue Boissieu ; de la seconde, celui de la rue de la Nation (actuelle rue de Sofia).

Voici une vue similaire, un peu plus tardive, prise avec un peu plus de recul, avec en outre le départ de la rue Bervic. On aperçoit sur la gauche la grande brasserie qui deviendra Dupont un peu plus tard.

Montmartre - Boulevard Barbès (coté impair)
Montmartre – Boulevard Barbès (coté impair).
Source : CPArama.com

Cliché JMC 216

F 26

J. M. Cañellas – Cliché № 216
J. M. Cañellas – Cliché № 216.

La photographie est prise depuis la place du Delta, sur le boulevard de Rochechouart. Elle date d’avant mai-juin 1888. J’ai eu l’occasion d’en faire une analyse détaillée dans un précédent billet.

Voici une vue contemporaine des lieux.

Cadrage approximatif du cliché № 216 de Cañellas (mai 2020)
Cadrage approximatif du cliché № 216 de Cañellas (mai 2020).

Cliché JMC 225

CmE 71 ; F 27

(Sans reproduction numérique.)

Fourquier dit « Rue Mouffetard », mais c’est une erreur (le catalogue de l’Empordà se contente de dire « París »). Il a peut-être cru reconnaître un pan de l’église Saint-Médard. Il s’agit en fait de Notre-Dame de Clignancourt sur la place Sainte-Euphrasie, rebaptisée Jules-Joffrin en 1895.

Voici une vue contemporaine des lieux.

Cadrage approximatif du cliché № 225 de Cañellas (mai 2020)
Cadrage approximatif du cliché № 225 de Cañellas (mai 2020).

Cliché JMC 231

F 30

J. M. Cañellas – Cliché № 231
J. M. Cañellas – Cliché № 231.
(Reproduction avec un recadrage du tirage d’origine.)
Source : BHVP via Reprodart.com.

La localisation du cliché ne pose pas de question particulière ; il s’agit bien du haut de la rue de Clichy vue depuis la place. Et il semblerait qu’on puisse dater la photo entre 1885 et 1888, si l’on se fie à la présence du panneau publicitaire « Photographie Moncey » sur l’immeuble de droite. Selon les différentes éditions du Bottin, c’est durant ces années qu’on trouve au № 65 de la rue de Clichy le photographe en question. Il disparaît à compter de l’édition de 1889.

Note – Le « chemiserie de famille » au rez-de-chaussée du même immeuble (maison Bès) a subsisté plus longtemps, mais était déjà attestée à cette adresse durant les années 1885-1888. Sur Moncey et ses réalisations photographiques, je n’ai rien trouvé. Mais il s’agit peut-être du nom du studio (et non pas du photographe), en référence à la statue élevée au milieu de la place Clichy.

Cliché JMC 250

CmE 73 ; F 32

(Sans reproduction numérique.)

J’ai eu un peu de mal à localiser ce cliché, mais je ne suis pas mécontent d’être parvenu à reconnaître la place de Clichy, dans sa section comprise entre l’avenue de Clichy et le boulevard de Clichy.

C’est le bâtiment très caractéristique au fond à gauche qui m’a mis sur la voie. Au rez-de-chaussée, on y trouvait la Grande Boulangerie de la place Clichy, maison Tiphaine, qu’on aperçoit très nettement sur une autre photographie tirée d’une collection de la Library of Congress.

Emplacement approximatif du cliché № 225 de Cañellas (mai 2020)
La place de Clichy, entre 1890 et 1900.
Source : Library of Congress, Photochrom Prints, Street scene and monument, in the Place Clichy, Paris, France.
Merci au site de L’Œil sensible qui propose une sélection d’images tirées de cette collection dans sa Balade dans Paris vers 1900 en couleurs.

Dès les années 1890, la configuration de la place évolue considérablement ; la boulangerie disparaît et fait place à une extension de la brasserie Wepler.

De nos jours, les immeubles ont tous passablement changé, mais je me demande si la dite brasserie n’a pas tout de même conservé le rez-de-chaussée d’origine (tout en supprimant le premier étage). Il faudrait aller leur demander.

Cliché JMC 268

CmE 74 ; F 33

(Sans reproduction numérique.)

La petite brocante improvisée se tient au carrefour des rues de Maubeuge et de Rochechouart. Pour l’avoir beaucoup pratiqué, j’ai reconnu assez facilement la configuration du carrefour…

Voici une vue contemporaine des lieux.

Cadrage approximatif du cliché № 268 de Cañellas (avril 2020)
Cadrage approximatif du cliché № 268 de Cañellas (avril 2020).

Cliché JMC 269

F 34

(Sans reproduction numérique.)

C’est encore grâce à l’étude des enseignes que je suis parvenu à localiser le petit commissionnaire qui joue avec son chien sur le magnifique cliché JMC 269 (repris par Fourquier en couverture de son livre).

Henri Péron, qui fait étalage de son nom entre les deux fenêtres du premier étage de l’immeuble, prit la succession du dénommé Dousselin à la tête d’une fabrique spécialisée dans les « cartonnages riches », c’est-à-dire la production d’emballages cartonnés haut de gamme (« hautes fantaisies artistiques pour confiseurs et chocolatiers », « coffrets de luxe », précise-t-il).

La maison Péron était sise 2, rue Beaurepaire, près la place de la République.

Voici une vue contemporaine des lieux.

Cadrage approximatif du cliché № 269 de Cañellas (mai 2020)
Cadrage approximatif du cliché № 269 de Cañellas (mai 2020).

Cliché JMC 270

F 35

(Sans reproduction numérique.)

Quoique les clichés 268 et 269 ne soient pas pris l’un après l’autre dans des lieux proches, j’ai fait l’hypothèse que c’était le cas pour les clichés 269 et 270.

J’ai donc arpenté le boulevard Magenta en repartant de la rue Beaurepaire et il me semble avoir identifié avec un bon degré de confiance le carrefour de la rue Albouy (aujourd’hui rue Lucien-Sampaix). Si je ne me trompe pas, la photo serait prise depuis la rue des Marais (actuelle place Jacques Bonsergent).

Voici une vue contemporaine des lieux.

Cadrage approximatif du cliché № 270 de Cañellas (mai 2020)
Cadrage approximatif du cliché № 270 de Cañellas (mai 2020).

Clichés JMC 274 & JMC 276

CmE 75-76 ; F 36-37

(Reproductions manquantes.)

Je ne suis pas mécontent non plus d’avoir localisé ces deux clichés pris au même endroit, en l’occurrence à l’église Saint-Vincent-de-Paul, place Franz Liszt, en retrait de la rue Lafayette.

(Au vue de la numérotation, on peut supposer l’existence d’un cliché JMC 275 également pris autour de cette église, mais on ne le connaît pas.)

La première photo est une vue des marches qui montent depuis la place vers le portail ; la seconde est prise à la sortie côté droit de l’église, à la grille qui longe la rue Bossuet.

Quand je suis allé sur place vérifier les lieux, des migrants avaient remplacé les clochards et les mendiants de Cañellas.

Voici une vue contemporaine des lieux.

Cadrage approximatif du cliché № 274 de Cañellas (mars 2020)
Cadrage approximatif du cliché № 274 de Cañellas (mars 2020).
Cadrage approximatif du cliché № 276 de Cañellas (mars 2020)
Cadrage approximatif du cliché № 276 de Cañellas (mars 2020).

Cliché JMC 281

CmE 77 ; F 39

(Sans reproduction numérique.)

Le « jardin public » donné en légende par Fourquier au cliché 281 n’en est pas vraiment un ; il s’agit de la place de la République. Le grand bâtiment qu’on aperçoit à l’arrière-plan est celui des Magasins réunis, bordant le côté droit du début de la rue du Faubourg du Temple.

On devine également, à l’extrême gauche de la photo, un petit pan de mur jaune de la Caserne du Château d’Eau (actuelle caserne Vérines de la Garde républicaine).

Voici une carte postale des lieux, sensiblement postérieure (le métro est en service).

Paris – Place de la République
Paris – Place de la République.
Source : eBay.

En supposant une configuration de la place inchangée à cet endroit depuis le passage de Cañellas (on reconnaît les deux rangées d’arbres et les deux rangées de lampadaires), la famille sur la photo serait installée sur l’un des bancs qu’on voit sur la droite, peut-être même le premier qu’on aperçoit et Cañellas prendrait sa photo à peu près comme suit.

Paris – Place de la République (détail)
Détail de la carte postale précédente.

Cliché JMC 290

CmE 78 ; F 40

(Sans reproduction numérique.)

Je n’ai pas encore de certitude forte pour la localisation de ce cliché. Il est en tout cas certain qu’on n’a pas affaire au palais de la Bourse comme l’affirme le catalogue de l’Empordà (étonnamment, à vrai dire : s’attend-on à voir des femmes et des enfants sur les marches du palais Brongniart ?). Fourquier est plus prudent et se contente de noter « Sortie de messe (?) », ce qui paraît bien plus vraisemblable.

Compte tenu des lieux fréquentés par Cañellas — il est, d’après les photos que nous connaissons de lui, plutôt casanier et opère dans un nombre assez limité de secteurs de la ville —, je penche soit pour l’église Notre-Dame de Lorette, soit pour celle de Saint-Philippe-du-Roule, voire celle de Sainte-Marie-des-Batignolles, dont les porches sont très proches. La reproduction dont je dispose (celle du Fourquier) est malheureusement trop peu précise pour permettre d’être plus affirmatif. J’exclus Saint-Louis-d’Antin à cause du soleil et des ombres qui ne me semblent pas compatibles avec l’orientation du lieu ; j’exclus également Saint-Vincent-de-Paul et la Madeleine à cause des colonnes (lisses sur la photo, cannelées à St-Vincent et à la Madeleine).

Voici une vue contemporaine de l’église Notre-Dame de Lorette avec une approximation du cadrage qui aurait été celui de Cañellas — si le lieu est bien celui-là.

Cadrage approximatif du cliché № 290 de Cañellas (mai 2020)
Cadrage approximatif du cliché № 290 de Cañellas (mai 2020).

Cliché JMC 293

CmE 79 ; F 41

(Sans reproduction numérique.)

J’ai d’abord pensé que cette « promenade au jardin » du cliché 293 avait lieu dans l’allée centrale du jardin des Tuileries. Dans cette hypothèse, si l’on se fie aux ombres des personnes au premier plan, la vue aurait été prise dos au Louvre en direction de la place de la Concorde (les personnes photographiées marchant, elles, vers le Louvre).

Les chaises qu’on voit sur la gauche sont caractéristiques des chaises de jardin public à Paris (au jardin du Luxembourg notamment) et j’avais penché ici pour les Tuileries au vu de la très longue perspective offerte par l’allée et en référence au cliché № 211 qui montrait l’entrée de ce jardin, côté place de la Concorde.

À la réflexion, je crois qu’on a plutôt affaire à une allée des jardins des Champs-Élysées, situés tout près de là et dans le même axe, côté droit en partant de la Concorde (les promeneurs se dirigent vers la Concorde). La perspective de l’allée me semble plus longue que celle des Tuileries et, si je ne me trompe pas, on distingue deux voitures roulant sur la chaussée derrière la rangée d’arbres sur la gauche. (Avec un peu d’imagination, on pourrait sûrement reconnaître le narrateur de Proust et Gilberte parmi les passants à l’arrière-plan.)

Fourquier répertorie à la suite de ce cliché un autre, non numéroté, justement titré « Marchand de jouets, jardin des Champs-Élysées » (p. 42).

La carte postale suivante combine un peu des caractéristiques de ces deux photographies. Elle est prise dans le sens opposé au cliché № 293.

CPA Jardins des Champs-Élysées
CPA Jardins des Champs-Élysées.
Source : CPArama.

Cliché JMC 302

F 43

J. M. Cañellas – Cliché № 302
J. M. Cañellas – Cliché № 302.
Source : eBay.

Cette vue de la place de l’Étoile est prise depuis le débouché de l’avenue Victor-Hugo (qui s’appelait ainsi déjà depuis 1881). On reconnaît en effet le bas du haut-relief d’Antoine Étex « La Résistance de 1814 ».

Cliché JMC 335

CmE 80 ; F 44

(Sans reproduction numérique.)

« Trois cavaliers » ou « Promenade à cheval au bois de Boulogne ». Je n’ai pas su identifier les bâtiments à l’arrière-plan de ce qui semble être une grande place au débouché de deux avenues (?). Porte Dauphine ? La Muette ? Neuilly ? Boulogne ?

Cliché JMC 340

CmE 81 ; F 45

J. M. Cañellas – Cliché № 340
J. M. Cañellas – Cliché № 340.
Source : AHCB-AF.

Je n’ai pas su identifier cette rue non plus. Il se trouve que les deux reproductions que j’ai pu consulter (celle ci-dessus et celle du Fourquier) montrent un travail délibéré de raturage qui gomme notamment des devantures de magasins (ou peut-être des passants) qui auraient pu servir d’indices.

Cliché JMC 563

F 49

(Sans reproduction numérique.)

« Spectacle forain ». Ici non plus je n’ai pas su identifier les lieux. À titre d’hypothèse, j’envisagerais le boulevard de Clichy ou le boulevard de Rochechouart, peut-être à proximité du cirque Fernando, mais je n’ai pas d’élément pour l’étayer.

Clichés JMC 589, 590, 644 & 650

CmE 83, 27 ; F 50, 51, 56

J. M. Cañellas – Cliché № 589
J. M. Cañellas – Cliché № 589.
Source : blog Marcelo Caballero.
J. M. Cañellas – Cliché № 650
J. M. Cañellas – Cliché № 650.
Source : Gazette Drouot.

Pour ces quatre clichés de la place de l’Opéra qui ne posent pas de problème de localisation, je renvoie à un précédent billet qui en rend compte de manière détaillée et suggère une révision de la datation (postérieure à mai 1889).

Le cliché № 650 ne figure ni dans le catalogue du musée de l’Empordà ni dans la brochure de Fourquier.

Clichés JMC 595 & 596

CmE 84 ; F 52-53

J. M. Cañellas – Cliché № 596
J. M. Cañellas – Cliché № 596.
Source : blog Marcelo Caballero.

J’avoue n’avoir aucun élément pour m’aiguiller vers une hypothèse de localisation de ces deux photographies. Le très grand porche de la photo № 596 sera à garder en tête au cours des prochaines déambulations dans la ville.

Pour ma part, j’ai un certain penchant pour ce cliché № 596 : c’est le seul, me semble-t-il, où l’on a un aperçu de Cañellas, via l’empreinte de son ombre qu’on aperçoit au centre au premier plan… (J’espère que c’est bien lui et qu’il ne s’agit pas d’un lampadaire !)

Cliché JMC 602

CmE 85 ; F 54

(Sans reproduction numérique.)

Ce cliché est assez similaire au cliché № 268 et il se trouve qu’il est pris non loin de là, au carrefour des rues de Maubeuge et Lamartine.

Voici une vue contemporaine des lieux.

Cadrage approximatif du cliché № 602 de Cañellas (avril 2020)
Cadrage approximatif du cliché № 602 de Cañellas (avril 2020).

Cliché JMC 604

Ne figure ni dans CmE ni dans F.

J. M. Cañellas – Cliché № 604
J. M. Cañellas – Cliché № 604.
Source : Gazette Drouot.

Cette très-belle image montre le début de la rue Ronsard, avec le marché Saint-Pierre à droite et ce qui deviendra le square Saint-Pierre à gauche. Je la rapproche d’une photo antérieure de Cañellas que je pense être prise à peu près au même endroit (cliché № 203, voir ci-dessus).

On ignore ce que regardent les deux femmes. Peut-être se sont-elles fait héler par un camelot sur le trottoir du type de celui qu’on voit justement sur le cliché № 203 ?

Cliché JMC 663

F 57

(Sans reproduction numérique.)

Fourquier fait une tentative en suggérant « À proximité de l’Hôtel Drouot (?) ». Mais suffit-il de transporter un tableau sous le bras pour être à proximité de la salle de ventes ? Et puis, est-ce bien un tableau ?

J’ai passé un peu de temps sur cette photographie. Le bâtiment à l’arrière-plan est manifestement important, voire monumental. Je n’ai pas trouvé de solution satisfaisante dans les parages de l’hôtel Drouot (lequel n’avait pas du tout l’aspect du bâtiment en question), mais je crois en avoir trouvé une ailleurs, qu’on aura du mal à observer aujourd’hui car il s’agit d’un bâtiment démoli en 1896, mais dont il reste des images d’époque. Je crois en effet avoir identifié ici le Palais de l’Industrie, construit aux Champs-Élysées pour l’Exposition de 1855 et qui reservira pour les expositions de 1878 et 1889. Ce palais occupait l’espace aujourd’hui réalloué aux Grand et Petit Palais, construits, eux, pour l’Exposition de 1900.

Plus précisement, je pense qu’on a affaire à l’un des petits côtés de ce gigantesque édifice (je ne saurais dire lequel ; ils sont parfaitement symétriques). Pour en arriver à cette conclusion, je me suis appuyé notamment sur un travail époustouflant de reconstruction en 3D de ce bâtiment qu’on peut voir sur cette video Youtube et du travail d’élaboration duquel j’extrais l’image suivante.

Exposition universelle de 1855 à Paris - Palais de l’Industrie - Restitution en 3D
Exposition universelle de 1855 à Paris - Palais de l’Industrie - Restitution en 3D.
Source : Laurent Antoine (LeMog3D). Voir également ses commentaires et ses nombreuses illustrations dans la discussion sur ce forum.

Cliché JMC 664

Ne figure ni dans CmE ni dans F.

J. M. Cañellas – Cliché № 664
J. M. Cañellas – Cliché № 664.
Source : Gazette Drouot.

Impossible de dire où cette étonnante photographie a été prise. Très-vraisemblablement à l’occasion d’un déplacement aux courses, soit à Longchamp soit à Auteuil. S’agirait-il de l’allée des Acacias ? Le poteau indicateur au premier plan et les barrières blanches à l’arrière-plan semblent plutôt signaler les abords immédiats du champ de courses.

Elle est à rapprocher du cliché № 517 (« Aux courses à Longchamp » selon Fourquier), quoique très-certainement prise lors d’une autre sortie.

Cliché JMC 669

CmE 86 ; F 58

J. M. Cañellas – Cliché № 669
J. M. Cañellas – Cliché № 669.
Source : blog Marcelo Caballero.

Le catalogue du musée de l’Empordà titre cette photographie « [La Borsa. París] ». C’est une erreur rectifiée par Fourquier. Il s’agit en effet du grand escalier du Palais de Justice dans l’île de la Cité.

Cliché JMC 820

CmE 87 ; F 59

J. M. Cañellas – Cliché № 820
J. M. Cañellas – Cliché № 820.
Source : AHCB-AF.

Fourquier parle de « Photographe à la manifestation ». Je pense qu’on peut être un peu plus précis.

En observant les bâtiments sur la gauche, j’ai reconnu ceux de la place de la Madeleine. Cañellas est positionné sur le terre-plein central, devant les marches de l’église et il prend sa photo en regardant vers le restaurant Lucas (qui n’a pas encore été repris par M. Carton). Voici une vue contemporaine des lieux.

Cadrage approximatif du cliché № 820 de Cañellas (mai 2020)
Cadrage approximatif du cliché № 820 de Cañellas (mai 2020).

Qui dit Madeleine dit enterrement de personnalité. Je crois qu’en fait de manifestation, on a bien affaire ici à des funérailles, sans doute même officielles voire nationales, étant donné le service d’ordre mis en place et les journalistes. Car le photographe évoqué par Fourquier fait partie d’un groupe de journalistes dont deux d’entre eux sont en train de prendre des notes ou de faire des croquis.

C’est ce qui m’amène à vouloir rapprocher ce cliché d’un autre, non numéroté, répertorié par Fourquier à la page 38 de sa brochure (je n’en ai pas de reproduction numérique). Il titre ce second cliché « Autour de la Bourse », mais c’est là encore clairement une erreur : il n’est que de regarder les colonnes, ici cannelées alors qu’elles sont lisses à la Bourse.

Pour moi, cette seconde photographie est également prise à la Madeleine et – j’en suis presque certain – prise à la même occasion que le cliché № 820 (voir par exemple les marques de givre au sol). Et je crois bien reconnaître dans la personne au centre au premier plan de cette seconde photographie le photographe de la première (même s’il ne semble plus en possession de sa caméra). Peut-être était-ce une connaissance de Cañellas ?

Cadrage approximatif du cliché S/N de Cañellas (Fourquier, p. 38) (mai 2020)
Cadrage approximatif du cliché S/N de Cañellas (Fourquier, p. 38) (mai 2020).

En supposant mon hypothèse de funérailles officielles correcte, j’ai aussi cherché à avancer une date, sans aboutir à des certitudes. Considérant les tenues des personnes et le sol gelé, il faut sans doute chercher une date en hiver. Parmi plusieurs options plausibles, une première serait celle des funérailles d’Ernest Meissonier qui eurent lieu le 3 février 1891.

Une autre option envisageable serait celle des funérailles de Pierre II (Dom Pedro II), ex-empereur du Brésil, mort à Paris le 5 décembre 1891 et qui eut droit, lui aussi, à des obsèques nationales à la Madeleine le 9 décembre. Elles furent, si j’en crois la presse de l’époque, plus fastueuses que celles de Meissonier.

Paris. — Funérailles de Dom Pedro II, Empereur de Brésil. — (Dessin d’après nature, de M. Charles Morel.)
Paris. — Funérailles de Dom Pedro II, Empereur de Brésil. — (Dessin d’après nature, de M. Charles Morel.)
Source : Wikimedia Commons.

En se référant à la numération des instantanés de Cañellas, ces dates de 1891 ne me paraissent pas invraisemblables : l’un des deux clichés dont nous parlons ici porte le numéro 820. Or les clichés № 644 et 650 datent déjà, sauf erreur de ma part, de mai ou juin 1889[2]. Il y aurait donc un ensemble d’environ 170 photographies dans cette série d’instantanés prises entre juin 1889 et février ou décembre 1891, soit une moyenne de 6 à 9 photos par mois durant l’intervalle (je suppose que la série en question est réservée à ces instantanés, ce qui reste à prouver). Je n’ai pas vraiment idée de la production photographique de Cañellas dans les rues de Paris, mais le chiffre ne me paraît pas aberrant : ces instantanés n’étaient pas son occupation principale et il avait par ailleurs à son studio son activité de « photographie des artistes » qui devait peu à peu faire sa réputation et dont les réalisations photographiques suivaient peut-être un plan de numérotation séparé.

Clichés JMC 875 & 876

F 60-61

(Sans reproduction numérique.)

Je crois que l’enchaînement des numéros de ces deux photographies est significatif, même si elles couvrent des événements différents à des dates différentes.

Fourquier parle pour la première de « Manifestation » et la localise justement place de la République

Il parle pour la seconde de « Funérailles » mais sans pouvoir préciser de qui il s’agirait et sans localiser la prise de vue. Je pense quant à moi y reconnaître une nouvelle fois le Palais de l’Industrie, vu sur son petit côté, depuis la place de la Concorde, comme on peut le deviner à la longue perspective de l’allée qui y mène.

Quel pourrait donc être le lien entre ces deux photographies ?

Elles présentent toutes deux un certain nombre de traits communs. Sur les deux, le temps semble agréable mais les arbres sont déjà ou encore dégarnis ; nous sommes donc en automne ou à la fin de l’hiver. On peut penser que les photos sont prises à un intervalle rapproché, peut-être d’un jour sur l’autre, mais, à mon sens, il est acquis que les deux clichés n’ont pas été pris le même jour : les ombres sur la place de la République (№ 875) indiquent un horaire dans l’après-midi alors que celles au Palais de l’Industrie (№ 876) indiquent un horaire de fin de matinée (s’il s’agit bien de ce bâtiment, évidemment).

Sur la première photo, la foule semble plutôt joyeuse et détendue ; on aperçoit de nombreux enfants ; les arbres sont pris d’assaut par les curieux. Les visages sont plutôt tournés vers l’entrée de la place, au débouché de la rue du Temple ; certainement, ils observent ou ils attendent un défilé ou un cortège qui arriverait ou repartirait par cette voie ; rien ne laisse penser qu’on a affaire ici à un cortège d’enterrement.

Sur la seconde, la foule est celle de badauds, de curieux, venus assister à un cortège, peut-être bien d’enterrement cette fois ; on ne voit pas d’enfants (à l’exception peut-être de celui tenu dans les bras du monsieur à melon clair, de dos, au deuxième plan). Toutefois, la voiture qui depuis la droite s’avance vers le Palais de l’Industrie n’est pas un corbillard : elle accueille plusieurs personnes, peut-être des officiels ; si je ne me trompe pas, elle est précédée d’un groupe de soldats (casqués ?) et semble suivre un autre char qu’on distingue aux abords du Palais à l’arrière-plan et qui le contourne par la gauche pour rejoindre le Cours la Reine. Deux rangées de cuirassiers ou de gardes républicains contiennent la foule pour l’empêcher d’avancer vers le Palais. Si on suit Fourquier, on pourrait bien ici avoir affaire aux funérailles d’un personnage officiel, dont, par exemple, on aurait célébré la messe d’enterrement à la Madeleine et que, mettons, on emmenerait reposer de son dernier sommeil aux Invalides…

Mais quel lien entre les deux photographies ?

J’ai repris la question sous un autre angle en me demandant ce qui avait pu amener Cañellas à descendre deux jours de suite dans la rue avec sa caméra pour photographier ces deux scènes.

J’ai cherché à identifier les funérailles officielles du cliché № 876 en les rapprochant d’un autre événement concomitant susceptible de drainer les foules dans la rue et notamment à République. Or, en fouillant dans la presse des années 1890, j’ai trouvé, à la fin du mois d’octobre 1893, une telle concomitance de deux événements au retentissement considérable à Paris. Ils feront chacun la une d’un numéro du supplément illustré du Petit Journal.

Le premier événement, c’est, pendant la seconde quinzaine d’octobre, la visite (triomphale) de la Marine russe en France — en prélude à l’alliance franco-russe qui sera scellée l’année suivante —, visite qui donne lieu à des festivités inouïes à Paris pendant plusieurs jours d’affilée.

Les fêtes franco-russes à Paris - Le Petit Journal, supplément illustré, 28 octobre 1893
Les fêtes franco-russes à Paris – Le Petit Journal, supplément illustré, 28 octobre 1893.
Source : Gallica.

Le second événement, c’est, pendant cette même quinzaine, le décès de Patrice de Mac Mahon, le vaincu de Sedan qui se refit en vainquant la Commune, à qui la République fit célébrer le 22 octobre 1893 une messe à la Madeleine pour l’inhumer ensuite en très grandes pompes aux Invalides[3].

Obsèques du Maréchal de Mac Mahon - Le Petit Journal, supplément illustré, 4 novembre 1893
Obsèques du Maréchal de Mac Mahon – Le Petit Journal, supplément illustré, 4 novembre 1893.
Source : Gallica.
Les funérailles du Maréchal de Mac Mahon - Le Monde Illustré, 28 octobre 1893
Les funérailles du Maréchal de Mac Mahon – Le Monde Illustré, 28 octobre 1893.
Source : Gallica.

Cette collision d’événements pourrait ainsi servir de contexte aux deux photographies de Cañellas. Dans le scénario élaboré ici, on aurait ainsi, par exemple, une première photographie prise le vendredi 20 octobre à la République à l’occasion de l’un des nombreux déplacements des marins russes dans la capitale et la seconde prise le dimanche 22 octobre en fin de matinée durant le déroulement du cortège d’enterrement de Mac Mahon.

Le vendredi 20 octobre en effet, le programme des fêtes avait organisé tout un circuit dans Paris pour les marins russes ; ce circuit passait entre autres par le Conservatoire des Arts & Métiers pour se diriger ensuite vers le parc des buttes Chaumont, autrement dit, en passant par la place de la République via les rues de Turbigo et du Temple[4]. Et il faisait très beau ce jour-là, apprend-on.

Bien entendu, il ne s’agit dans ce qui précède que d’une reconstruction intellectuelle. Elle peut être contestée, mais jusqu’ici elle me semble tenir la route (dans mes recherches, je n’ai pas trouvé d’autres coïncidences d’événements qui pussent expliquer aussi bien l’enchaînement de ces deux photographies).

Mais l’un des points d’intérêt de cette hypothèse, si elle était validée, c’est aussi de reconsidérer une fois encore les dates d’exercice de Cañellas dans les rues de Paris, peut-être plus étendues que ce qu’envisageait Fourquier. Si on retient octobre 1893 pour les deux photographies en cause ici, on n’est plus très loin du 1er juin 1896, date à laquelle Cañellas dépose son brevet relatif à un « nouveau système de commande pour la production des photographies animées »[5]. On peut se demander si la fréquentation des manifestations comme celles d’octobre 1893 n’a pas contribué à l’élaboration de ses idées sur la capture d’images animées…

Cliché JMC 885

F 62

(Sans reproduction numérique.)

On peut confirmer sans crainte le titre de Fourquier et localiser cette prise de vue sur le boulevard de Clichy, en direction de la place Blanche en venant de la place de Clichy.

Plus précisément, la photographie est prise à la hauteur du № 73 : le premier immeuble qu’on aperçoit sur la droite est en effet le № 71. Les immeubles aux numéros 69 et 67 (67 bis) ont été démolis et reconstruits depuis. Le peintre Jules-Eugène Lenepveu avait son atelier au № 67 bis.

Voici une photo tirée des archives de la ville de Paris avec ces mêmes immeubles (de droite à gauche : № 71, № 69 reconstruit [1912], № 67 et 67 bis).

Vue d’archive du boulevard de Clichy
Vue d’archive du boulevard de Clichy.
Source : Archives de la Ville de Paris (Image AD075PH_ARC0518, cote 11Fi/4505).

Fin de la revue.

Je résume dans la carte ci-dessous les lieux identifiés pour les photographies de Cañellas qui précèdent. Je distingue trois ensembles principaux :

• les lieux du premier cercle autour de ses studios montmartrois, où l’on retrouve les clichés pris de ND de Clignancourt à ND de Lorette et de la place de Clichy à Barbès-Rochechouart ;

• le centre avec les photographies réalisées à l’Opéra, à la Madeleine et aux Champs-Élysées ;

• le bois de Boulogne, qui semble avoir été l’occasion d’un nombre non négligeable de clichés (peut-être était-il lui-même amateur de courses ? ou de sorties en barque ?).

Les autres lieux photographiés me paraissent plus difficilement former des groupes homogènes, sauf peut-être celui des quatre photos réalisées à la place de la République et autour.

Une idée qui me traversait la tête était que les lieux choisis par Cañellas pouvaient également l’avoir été en fonction des moyens de locomotion qu’il utilisait. Et je pense ici en particulier aux tramways des lignes D et I. C'est peut-être quelque chose à creuser…

Localisation des photographies de Cañellas sur un plan de Paris
Localisation des photographies de Cañellas sur un plan de Paris.

Notes & références

[1] Anna Capella, Jaume Santaló, Josep Maria Cañellas, Reus 1856-París 1902 : photographie des artistes, Figueres : Museu Empordà ; [Sant Lluís, Menorca] : Triangle Postals, 2005.
Alain Fourquier (Josep Maria Cañellas (1856 – 1902), Premier photographe de l’instantané à Paris, Paris, Au bibliophile parisien, 2008).
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[2] Je renvoie une nouvelle fois à la discussion donnée dans le billet Observations relatives aux clichés de J. M. Cañellas pris place de l’Opéra à Paris. La présence sur ces photographies du mât promotionnel pour l’Exposition universelle me paraît un critère décisif pour les dater du printemps 1889.
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[3] Les sources d’information sur ces deux événements sont pléthoriques. Pour la collision des deux, je retiens le très-savoureux et très-peu diplomatique compte rendu qu’en donne Auguste François, membre du cabinet du Ministre des Affaires Etrangères de l’époque : « Mac Mahon vient à mourir au beau milieu des fêtes. Fâcheux contretemps ! »
Cf. Auguste François, Les fêtes de l’alliance franco-russe de 1893. In: Revue Russe n°7, 1994. pp. 37-51. DOI : https://doi.org/10.3406/russe.1994.1835.
Sur les funérailles de Mac Mahon, Le Gaulois du 23 octobre par exemple fournit un compte rendu très détaillé où l’on apprend que le cortège a bien obliqué depuis la Concorde vers les Champs-Élysées pour passer par le pont des Invalides (source : Gallica). Apparemment, le cortège officiel passe donc par les Champs-Élysées. Cela signifierait qu’il tourne alors après le Palais de l’Industrie dans l’avenue d’Antin pour ensuite traverser le pont des Invalides. Il n’est pas impossible que le cortège, ou une partie du cortège (celle photographiée par Cañellas dans mon scénario), ait emprunté depuis la Concorde l’allée menant au Palais de l’Industrie pour raccourcir le parcours jusqu’au pont des Invalides.

Contexte du cliché № 876 de Cañellas
Contexte du cliché № 876 de Cañellas.
L’itinéraire supposé du cortège officiel est noté en bleu. La variante coupant par le Palais de l’Industrie est notée en pointillés bleus. En orange, la position approximative de Cañellas (C) et la direction de sa prise de vue.
Fond de carte : Paris. Plan nouveau (Andriveau-Goujon / Barrère), 1891. Source : Gallica.

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[4] Voir par exemple le compte rendu qu’en fait Le Petit Parisien du 21 octobre 1893 (source : Gallica).

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[5] Brevet d’invention de 15 ans № 256834, en date du 1er juin 1896, relatif à un « nouveau système de commande pour la production des photographies animées ». On se souviendra que ces années 1890 vibrionnent autour du concept d’images animées. Les frères Lumière déposent leur propre brevet en février 1895, sans qu’à ce moment-là on sache encore qu’ils signaient là l’acte de naissance du cinéma.

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Mots-clés

Josep Maria Cañellas, photographie, instantané, 1880-1900, Paris, rue Ronsard, boulevard de Rochechouart, rue de Clignancourt, jardin des Tuileries, boulevard Barbès, place du Delta, place Sainte-Euphrasie, rue de Clichy, place de Clichy, rues de Maubeuge, rue de Rochechouart, rue Beaurepaire, boulevard Magenta, rue Albouy, église Saint-Vincent-de-Paul, place de la République, église Notre-Dame de Lorette, jardins des Champs-Élysées, place de l’Étoile, place de l’Opéra, rue Lamartine, Palais de l’Industrie, Palais de Justice, place de la Madeleine, boulevard de Clichy.

Argentière, les Rachasses. Février 2012.